Séminaire mensuel à l'Université Paris 8 Saint-Denis - Première séance : Mercredi 20 octobre 2010 de midi à 18h, salle D-136 (1er étage du bâtiment D) - 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis - M° Saint-Denis Université.
A partir de la question "Qu'est-ce qu'un collectif ?", le seminaire explore les formes contemporaines du politique, et les notions d'action et de sujet passant par la philosophie et l'anthropologie politique, l'art, la psychanalyse, les études féministes et postcoloniales, et différentes expérimentations récentes ou en cours.
Parlant du collectif, il faudrait aussi tout de suite parler de ce qui est hors norme dans le sens d'une déconstruction des oppositions entre individuel et collectif, et des divisions de genre, classe, origine, etc., renvoyant à la notion de ces savoirs-pouvoirs qui nous traversent, et à celles d'altérité et de subectivité historiquement tant produites que productives.
Parlant du collectif il faudrait aussi en distinguer l'idée d'un sujet collectif qui serait celle du bon sujet révolutionnaire qui préexiste à la révolution telle qu'on l'imagine déjà. On pourrait critiquer ici la notion de sujet au sens où les termes de sujet et de politique modernes renvoient à une certaine notion du politique par rapport à laquelle est catégorisée comme pré-politique toute réinvention qui remettrait en question les catégories dans lesquelles on a pensé le sujet politique de façon liée à l'Etat. Comme l'on fait les mouvements féministes, et tous les autres mouvements qui ont émis une critique des assignations d'identité et de leurs formes d'objectivation au travers des appareils de pouvoir.
On pourrait aussi réexplorer le corpus hérité des années 70, et tous les auteurs en ces années là pour qui l'idée d'expérimentation de soi a aussi été celle d'une expérimentation du collectif, et où les passages entre art et politique sont nombreux.
Enfin, on pourrait essayer de poser la question du collectif comme celle d'un moment où des relations sont possibles qui permettent de réinventer la façon dont on peut collectivement penser et agir, dans une certaine conflictualité qui porte des formes d'émancipation telles qu'on ne peut plus en séparer les dimensions d'inventivité des dimensions critiques, qui serait plutôt la question de "Comment faire collectif ?".
Sur la proposition de Timothée Nay, Efflam Omnes, Béatrice Rettig.