Le séminaire libre de philosophie à Paris 8 vous invite à une rencontre avec Sophie Gosselin et David gé Bartoli, ce mercredi 12 mai 2010 à 15h, en salle D-136 (bâtiment D, 1er étage), à l'Université Paris 8 Saint-Denis - 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis - M° Saint-Denis Université.
Sophie Gosselin et David gé Bartoli sont de jeunes artistes et philosophes.
Doctorante à l'Université Marc Bloch à Strasbourg, Sophie Gosselin tente de renouveler l'approche de la question de la technique à partir des travaux de Jacques Derrida.
Elle est également chargée de cours à l'Université de Nantes sur les pratiques artistiques et culturelles liées aux développements technologiques et membre du CERCI (Centre de recherche sur les Conflits d'interprétation de l'Université de Nantes) ainsi que du collectif APO33, espace de recherche et d'expérimentation artistique, technologique et théorique basé à Nantes, au sein duquel elle écrit et met en place des projets de recherche croisant art, science et technologie (http://apo33.org). Elle a participé à la création du projet Ecos et à l'organisation des Rencontres Internationales d'Eco-création (http://crealab.info/ecos). Elle a co-dirigé l'ouvrage Poétiques du numérique sorti en 2008 aux éditions L'Entretemps.
David gé Bartoli développe des dispositifs expérimentaux qui mettent en jeu production philosophique, artistique et littéraire et est régulièrement invité à intervenir ou à publier à ce sujet. Il est doctorant en esthétique à l'Université Aix-Marseille et membre du laboratoire de recherche le LESA, et chargé de cours à l'Université de Nantes ainsi que membre du CERCI (Centre de Recherche sur les Conflits d'Interprétation). Il participe à divers projets artistiques et culturels associatifs. Il a été le président de l’espace de création et d’expérimentation théâtrale «Le Lieu» à Tours (2001-2004), il est aussi membre d'Ecos et participe à ce titre aux Rencontres Internationales d'Eco-création (http://crealab.info/ecos) ainsi que du collectif Apo33 (http://apo33.org). Depuis 2006, il est rédacteur pour la revue internationale d'art et de critique « Laura » (http://groupelaura.free.fr/).
En 2006, Sophie Gosselin et David gé Bartoli ont créé l’espace d'expérimentation du langage et d'invention d'imaginaires collectifs UGGUG (http://uggug.info). Ensemble, ils oeuvrent à l'élaboration d'une pensée philosophique du seuil qui se nomme « l'infraphysique » (http://crealab.info/infraphysic).
« Entre soi et l'autre il y aurait donc toujours déjà un tiers, le tiers de l'inconnu, le tiers d'un dehors qui ne relève ni de l'intériorité ni de l'extériorité : un dehors sans lieu. Ce dehors n'appartient pas à l'humain, c'est le dehors du monde. Repenser le rapport de soi à l'autre depuis ce tiers ce sera alors procéder à un déplacement par rapport à la dichotomie individu-masse (ou groupe) qui configure la vision anthropocentrique en lui permettant d'isoler un espace du « social », comme celui d'un règne privilégié à l'intérieur du royaume de la vie : le règne de l'humain. L'homme est pris dans le dehors du monde tout autant que toutes les autres formes de vie ou d'êtres qui adviennent au monde.
Ce tiers exclu-inclu du dehors est comme la ligne du double profil de Rubin, figure paradoxale où le profil de deux visages ne prend forme que par et dans la ligne. Cette ligne non figurale, non substancielle, est ce qui permet le battement incessant du regard entre les deux visages et l'horizon dans lequel ces deux visages prennent forme. Elle dessine l'horizon du monde, l'inframince1.
L'inconnu comme écart-de-contact, comme lieu atopique d'un écart paradoxal, s'indiquerait dans la ligne inframince qui ouvre le spectre des subjectivités. Il n'y aurait donc plus d'un côté l'individu et de l'autre la masse (ou le groupement d'individus) à l'intérieur d'un « espace social », mais une multiplicité de subjectivités se déployant à même le monde.
Penser la multiplicité des subjectivités qui forment le monde implique de rompre avec le concept d' « espace social » qui sert de point d'appui et d'axe primordial à la vision anthropocentrique du monde. Il s'agit de repenser la question politique au-delà de la spécificité humaine et de mettre en tension les deux termes qui depuis Aristote semble la définir : animal et politique. L'inconnu forme l'horizon de leur partage. Et c'est sous la figure mythique du loup que cet inconnu n'a cessé de hanter la question politique : le loup errant et solitaire, le loup sauvage et violent, le loup de la meute ou la louve souveraine de la Rome antique. Par ''politique'' il ne s'agira donc pas d'entendre une référence à la polis grecque comme forme idéale de la vie en communauté, mais la problématisation du collectif, du rapport à l'autre, de l'accueil de l'étranger : le politique envisagé comme hospitalité capable d'accueillir le loup, le loup en l'homme et hors de l'homme. Dans l'espace ouvert par la politique de l'hospitalité, la loi n'est plus l'expression d'un contrat passé entre les hommes. Son surgissement correspond à l'advenue de l'inconnu dans le monde, à la manifestation souveraine du dehors. » Extrait de La Souveraineté du dehors, 2009, à paraître aux éditions MF en 2010.
1. Nous reprenons le concept d' « inframince » à Marcel Duchamp comme lieu atopique du passage du possible au devenir.
Sur une proposition de Timothée Nay, Efflam Omnes, Béatrice Rettig.
Le séminaire libre de philosophie à Paris 8 élabore des approches des formes contemporaines du politique au travers de l'exploration d'une multiplicité de références et d'expérimentations récentes ou en cours et invite à créer toute rencontre ou concours de circonstances susceptible de donner lieu à de nouvelles compréhensions des continuités et des ruptures dans nos approches du politique, sans restriction de champ disciplinaire.
Contact : seminaireinsitu AT gmail.com